Record de distance à partir du Rorota

8,740 km le 24/08/05

Saint Hilaire du Rorota

Récit de Gilles :

Ceux qui sont partis en vacances ou qui ne veulent pas se déplacer jusqu'au déco sous prétexte que c'est S-E vont s'en mordre les suspentes.

Hier 24 août, le vent sur la plage est soutenu et S-E. Je croise l'ami Stan sur le sable qui me dit :"Non, aujourd'hui, ça va pas voler, je préfère aller faire un peu de voile". Ce n'est pas notre avis à Patrice et à moi, alors on se prépare et on monte au déco.

Là haut, on se dit que c'est pas gagné, on a 20 à 25 km/h de vent, et carrément travers. C'est Patrice qui gonfle le premier. Ceux qui l'ont vu sur la plage savent que ça n'est pas un manche question contrôle de l'aile. Mais là, il se fait carrément tabasser, l'aile n'arrête pas de fermer, à droite à gauche, accélération, frontale, tout y passe. Un petit moment calme de répit, et feu ! Patrice est parti. Il se fait bien secouer jusqu'à avoir pris 50 m au dessus du déco, transition, crête, sauvé...

C'est mon tour. Dès que j'ai quitté le sol, je comprends pourquoi j'ai vu Patrice se faire incliner à 45 degrés ! J'ai beau avoir serré la ventrale un peu plus que d'habitude, ça secoue vraiment. Je mets 10 minutes à arriver jusqu'au fromager en vol droit mains hautes. Il doit y avoir plus de 30 km/h de vent dans le venturi... Mais au fromager, j'ai moi aussi pris 50 m au dessus du déco, ça bouge raisonnablement, et j'ai pas envie de passer une heure dans la combe. Alors zou ! à fond de barreau, je rejoins la crête et là, je me laisse remonter.

On se rejoint avec Patrice vers 400 m, et là, le vent qui était S-E au déco est carrément passé S-S-E. Ça nous permet de faire une petite ballade aller-retour en longeant le Mahury, bien au-delà du Fort Diamant.

Mais les choses sérieuses commencent, le vario taquine les 500 m, il va falloir songer à prendre des options. Patrice est en panne de radio, alors on se met côte à côte et on se met d'accord pour la suite : aujourd'hui, on part chasser le record de distance.

Je rappelle que Patrice est en Guyane depuis le 30 Juin, et que nous avons déjà ensemble dépassé trois fois le Montravel. La première fois pour égaler le record de distance qui tenait depuis 2 ans (Oasis), la deuxième fois, pour le battre en allant poser devant le lotissement Stanis (5,9 km), et hier, la troisième fois, où il arrivera au pied de Bourda, tentera de tenir sur le dynamique au dessus des cocotiers, mais finira par poser à la plage. Un peu plus de 6 km, record battu !

Malheureusement pour lui, ce record ne tiendra que quelques minutes, puisque je suis derrière lui, et que j'ai à peu près 50 m d'altitude en plus, et je suis un peu plus avancé sur l'eau. Ce qui me permet de rejoindre Bourda au-dessus de la maison d'Olive. Je suis à 90 m. Erreur grossière, je me laisse glisser vers la pointe de Bourda, et perds l'ascendance dynamique. Je réfléchis rapidement qu'en contournant Bourda en partant de 90 m, je n'aurai sans doute pas assez de gaz pour rejoindre la plage de Montabo... Alors je m'écarte du relief, pousse à fond d'accélérateur et rejoins l'ascendance. J'ai perdu 40 m dans l'affaire, j'ai vraiment l'impression que je vais me mettre les pieds dans le toit d'Olive...

Mais ça grimpe, jusqu'à 150 m. Il me reste quand même quelques mauvais souvenirs des vols de Bourda, sous forme de grosses frayeurs et de rayures profondes sur mon casque. Alors, je ne vais pas explorer, je vais contourner par le large. Demi-tour, c'est parti ! La première chose qui me vient à l'esprit quand apparaît la plage de Montabo, c'est : "P**ain, elle est vachement loin, la plage". Et puis je commence à passer derrière Bourda, le vario hurle, mais c'est pas le bip-bip sympathique. Non, je suis clairement dans la dégueulante sous le vent : -2, -2,5 m/s, c'est bon, je peux me préparer à arriver dans l'eau...

Mais finalement, je sors de la mauvaise influence de Bourda, et je repars sur un plané bien meilleur. C'est bon, je peux tangenter la plage. Arrivé à 15 mètres sol, je suis à l'extrémité de la plage du Montabo, les îlets Dupont sur ma droite. Demi-tour, je pose. Je prends le GPS, inscris le waypoint, vérifie la distance : 8,740 km. J'ai même pas regardé si ça remonterait sur le Montabo, même pas essayé de passer au dessus des toits des cités pour voir si je gagnerais un petit quelque chose. Bon, 8,7 km, c'est peut-être un détail pour vous, mais pour nous, ça veut dire beaucoup !!!

J'appelle Jean-Noêl, je suis au bout de la route qui passe devant son resto, mais il ne bosse pas aujourd'hui, j'avais oublié. Bon, sympa, il assure quand même la récupe. On cherche Patrice, mais on apprendra qu'un gars l'a pris en stop et l'a emmené jusqu'à sa voiture. On les retrouve pour boire un verre à la "Baie des Isles".

Réactions

De Éric Troude :
Effectivement je suis en train de machouiller mes suspentes après avoir lu le mail.
La bière devait avoir une saveur particulière pour ce jour de record et m'en pourlèche les babines d'envie.
Merci encore pour ce long mail, je continue à vous suivre tous de loin.
Suis actuellement dans les monts du Cantal où il fait bon voler aussi.

De Jean-Luc Réglin :
J'enrage, bordel de merde, que n'aie je donc vécu pour vivre cette infamie,
Le pire, lorsque je vous verrais, je vais composer, dans le style :
"Super les gars, c'est vraiment génial, je suis content pour vous, vraiment...vraiment!"
En fait je n'en penserai pas un mot, j'enragerai en silence gardant ma rancoeur au plus profond de mon âme
Bon arrêtons de déconner, c'est vraiment bien, mais bon, je ne pense pas que j'aurai pu pénétrer avec la vitesse de ma voile, donc pas de regret... quoi que !

De Francis Lavergne :
Quelle balade les mecs
Bravo

De Nicolas et Claire Ohlman :
Bravo pour ce beau vol

De Olivier :
Ben dis donc. Pas dégoûté du parapente, visiblement...


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